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                           L'adolescent...ou...celui qui en bave ?



                             “Adolescent”, “adolescence”, ne sont pas des termes qui recouvrent un concept crucial de la psychanalyse…ni chez Freud…ni chez Lacan…Il y est très peu fait directement référence par les deux grand fondateurs de la psychanalyse…le problème, si problème il y a,  est très peu abordé directement théoriquement...du moins en tant que tel. Ce qui, nous allons le voir, n’empêche pas l’intérêt que lui ont porté et lui portent les psychanalystes. 
                            Lacan, dans le séminaire XIX, ”… ou pire”, l’évoque   très brièvement, page 130. Mais ce peu de chose n’est pas sans intérêt. Il traduit “adolescence” de la langue grecque  par “bavardage”.   
                           Or le dictionnaire étymologique dont je dispose, de “bavard” me renvoie à ”bave”, avec comme origine le latin populaire “baba” qui serait un terme onomatopéique qui aurait la même valeur sémantique que ”babiller””babil” qui est souvent accompagné  de beaucoup de bave chez le petit enfant. Toutes choses que l’on retrouve dans le langage familier dans des expressions comme “baver” sur une personne ou “bavasser” sur la même…Ce qui revient à dire qu’on en parle beaucoup en mal. 
                            C’est un peu ce qu’il en est pour l’adolescent qui bave beaucoup sur ses parents…sur l’adulte et bavasse pas mal sur l’ordre établi qu’il remet en question de cette manière. Notons au passage que ces “bavassages” sont en général très peu pris au sérieux par les dits-adultes et considérés d’un peu haut comme des bavardages. Ce qui n’empêche pas que l’adolescence soit une passe difficile où le sujet en bave et se considère souvent comme un incompris...Et pour cause...   

                            Pour essayer de m’expliquer un peu de ce qu’est l’adolescence je vais faire ce que Lacan appelle de “l’auteur-stop”. Je vais d’abord emprunter à Françoise Dolto dans un ouvrage co écrit avec sa fille, “Paroles pour adolescents” sous titré : “Le complexe du homard”…Elle en parle très bien :

                            “…On voudrait parler adulte mais on n’en a pas encore les moyens. On aimerait prendre la parole et être écouté vraiment. Quand on nous laisse la prendre, c’est trop souvent pour nous juger sans nous entendre. On s’avance en parlant et on se trouve piégé.

                           On sent que c’est vital de quitter ses parents un jour. On veut aller vers une vie différente. Mais quelle vie ? On n’a pas envie d’avoir la  même vie qu’eux. En les regardant vivre, on croit parfois voir son propre avenir et ça fait peur.
                            On se sent sur une pente dont on n’a pas le contrôle. On perd ses défenses, ses moyens de communication habituels sans avoir pu en inventer de nouveaux.
                              Les homards, quand ils changent de  carapace perdent d’abord l’ancienne et restent sans défense, le temps de s’en fabriquer une nouvelle. Pendant ce temps, ils sont très en danger. Pour les adolescents c’est un peu la même chose. Et fabriquer une nouvelle carapace coûte tant de larmes et de sueur que c’est un peu comme si on la “suintait”. Dans les parages d’un homard sans protection, il y a presque toujours UN CONGRE qui guette, prêt  à le dévorer. L’adolescence, c’est le drame du homard ! Notre congre à nous, c’est tout ce qui nous menace, à l’intérieur de soi et à l’extérieur, et à quoi on ne pense pas.
                                  Le congre, c’est peut-être le bébé qu’on a été, qui ne veut pas disparaître  et qui a peur de perdre la protection de ses parents. Il nous retient dans notre enfance et empêche de naître l’adulte qu’on sera. Le congre, c’est aussi en nous l’enfant en colère qui croit  que c’est en «bouffant» de l’adulte qu’on devient adulte. Le congre, c’est peut-être encore ces adultes dangereux, parfois profiteurs, qui rôdent autour des adolescents parce qu’ils les sentent VULNERABLES. Les parents savent qu’ils existent et que les dangers nous guettent. Ils ont souvent raison de nous inciter à la prudence, même si c’est pénible de l’accepter.
                              L’adolescence, c’est aussi un mouvement plein de force, de promesse et de vie, un jaillissement. Cette force est très importante, elle est l’énergie même de cette transformation. Comme les pousses qui sortent de terre, on a besoin de «SORTIR». C’est peut-être pour cela que le mot sortir est si important. Sortir, c’est quitter le vieux cocon devenu un peu étouffant, c’est aussi avoir une relation amoureuse. C’est un mot clé qui traduit bien le grand mouvement qui nous secoue.” 

                         

                           Cette référence au congre nous ne pouvons que l’entendre très fort dans le contexte politique et social actuel. Ces congres qui traînent à l’affut autour de nos adolescents vulnérables ne sont pas de simples vues de l’esprit. L’actualité nous les révèle terriblement perspicaces et efficaces...beau texte.
 

Un ouvrage intéressant :






Ariane Oger, Jean-Noël Donnart, Marie-Christine Ségalen sont psychologues, membre de l’Association Cause freudienne Val de Loire-Bretagne.
Marie-Hélène Brousse est psychanalyste à Paris, membre de l’École de la Cause freudienne, rédactrice en chef de la revue La Cause du désir.
Philippe Lacadée est psychiatre et psychanalyste à Bordeaux.
Laure Naveau est psychanalyste à Paris et à Tours, membre de l’École de la Cause freudienne, exerçant aussi en CMP, auteure de nombreux articles sur l’adolescence.
Daniel Roy est psychiatre et psychanalyste à Bordeaux, membre de l’École de la Cause freudienne, Secrétaire général de l’Institut psychanalytique de l’Enfant.

Un tableau de l'adolescence...comme elle peut-être problématique de manière ouverte.

 
Déboussolés, décrocheurs, addicts aux jeux en ligne, en no life, « victimes » de harcèlement ou de phobie scolaire, ainsi se nomment les adolescents et leur(s) malaise(s) d’aujourd’hui. La profusion d’objets technologiques sur le marché, de réseaux interactifs, de nouvelles applis, la banalisation du porno, font entendre une exigence de satisfaction immédiate et illimitée. Le surinvestissement du corps – piercings, tatouages, scarifications, muscu, etc. – tente de faire limite paradoxale à ce qui se présente comme une nouvelle économie pulsionnelle dans la « vraie vie ». L’objet à portée de main et de clics impacte la parole et ses embrouilles…
 

De toujours l’adolescent est sujet de désordre : désordre qu’il produit comme celui qu’il éprouve, dans sa pensée, son corps et ses liens.

Comment accueillir le charivari de la nouvelle génération, porteuse d’espoir, tout comme de « ce qui choque » ?

Ce désordre se manifeste sous forme de ruptures soudaines, de replis sur soi, de dérives mortifères, mais produit aussi bien des trouvailles, des formules inédites. Ainsi peut-il porter en lui sa part d’invention s’il est entendu comme signe de ce qui ne peut se dire, se traduire, se formuler aisément.

Que nous apprennent les adolescents aujourd’hui ?

À partir d’une expérience menée en centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), nous nous proposons, à la lumière de la psychanalyse de Freud et de Lacan, de donner ici un aperçu de cette clinique, de la rencontre avec ces nouveaux styles de vie et de discours. S’engager comme partenaire, en s’orientant de la boussole de l’inconscient, ouvre à nombre de jeunes, rétifs à la parole, de nouveaux circuits vers un plus-de-vie et de désir.
Dans la dernière partie de l’ouvrage, Résonances et perspectives, Marie-Hélène Brousse, Philippe Lacadée, Laure Naveau et Daniel Roy, psychanalystes, membres de l’École de la Cause freudienne, ont accepté d’apporter un éclairage sur ces questions contemporaines.

SOMMAIRE de l'ouvrage
Avant-propos
Accueillir l’adolescent et son désordre
Un lieu logiquement opératoire
Usages d’un semblant
Passer à la comptabilité et à la compatibilité…
Figures du désordre
Andréa – Parler c’est voyager
Jenny – Une emo-girl
Jeanne – Haute trahison
Pierre – Itinéraire d’un lover
Charlotte et les embrouilles
Mylène – Ne rien avoir à dire
Fin de partie…
Que nous apprennent les adolescents aujourd’hui ?
Nouvelle génération, nouvelle clinique ?
L’adolescent, sujet de désordre
Résonances et perspectives…
Que se passe-t-il à presque 17 ans ? – Philippe Lacadée
L’adolescent, son cercle et ses réseaux – Laure Naveau
« La bêtise » – Daniel Roy
Interview de Marie-Hélène Brousse
Remerciements
Biographies

 
Cet ouvrage est disponible en librairie et également en vente sur internet :
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